What else ?

Il est revenu, le grand toit blanc, installé sur la pelouse, près du vignoble.
Ils sont revenus, les humains, pour planter, désherber, s’abreuver, griller, bavarder, ….Bref ! S’amuser ! (enfin…je le crois …à les entendre rigoler, refaire ou défaire le monde… !)
Puis, le premier jour de juin, accrochage ! Beaubourg a ses tuyaux, le vignoble a ses fils ! Des pinces à linge, des photos…et voilà : l’art est dans la vigne !

    

Mais rassurez-vous, les murs de ma résidence ne craignaient pas le froid, retapissés qu’ils étaient, de jolies photos bien présentées, un peu trop serrées les unes contre les autres peut-être ?
La veille, par trois fois, je revécus l’ « orage d’images colorées » admiré l’an dernier. Mais cette année, plus de hiboux de chaque côté de l’autel mais des chouettes sans excroissances en forme d’oreilles !
Sinon, mêmes lumières, mêmes images et même musique. Splendide ! Et après ?  L’horreur !
 Un groupe de « cyclopes lumineux » (ou….d’explorateurs des profondeurs ?) entreprit l’ascension de l’escalier à vis. Marche après marche, ces bipèdes ont accédé aux deux étages de ma demeure. Je m’apprêtais alors à quitter les lieux pour aller me sustenter mais je restai figée, derrière une pierre, contre la poutre, à les observer. Parmi eux, une non-cyclope, lampe torche à la main, une habituée des lieux (si vous voyez de qui je parle…), donnait maintes explications, racontait l’historique de l’édifice en indiquant les endroits plus fragiles où ne pas stationner. Mais elle ne put s’empêcher de démontrer que la cloche, Marie-Alice, pouvait sonner à la demande ! Et aie ! Mes oreilles ! Mes enfants, qui avaient assisté avec grand plaisir à 2 des 3 spectacles, s’étaient éclipsés dans la forêt voisine, à la recherche de congénères avec qui chuinter. Leurs oreilles furent épargnées !

     Plusieurs soirées accueillirent des humains, assis, face à un écran très large occupant le chœur de l’église, d’un bout à l’autre (comme au cinéma paraît-il ?) dans l’attente de belles photos projetées. Le premier soir, j’ai pourtant trouvé l’ambiance houleuse….une impression peut-être ? Puis, le dernier mardi soir, je me retrouvai transportée en Asie, au Vietnam plus précisément. Vidéo, musique mais pas de riz au melon pour votre Geogeo ! Juste pour les spectateurs ! Il est vrai que je ne me voyais pas, cuillère à la patte, plonger mon bec dans un riz sucré et collant ! 

    

Deux semaines après, nouvelle expo de documents rassemblés après de longues recherches et présentés au public par Micheline de Rouvroy (car il y a aussi Micheline de Servion), et  nouvelle conférence avec projections de vieux documents commentés par un grand monsieur répondant au prénom de Jacques. L’église était pleine à craquer ! Ah ! Si les rongeurs autour de l’édifice étaient aussi nombreux que les bipèdes dans l’édifice pour la commémoration de 14-18, je ressemblerais à Bibendum !

Et je ne vous parle pas des jeunes bipèdes qui, par deux fois déjà, accompagnés de quelques adultes, sont venus travailler chez moi ! Quel régal quand ma demeure vit ! Le thème de leurs activités semblait être « Les Portes du temps ». Ici, pour les humains, il n’y a pourtant qu’une porte ! Auraient-ils l’intention d’en creuser d’autres ? A surveiller de près !
    

Ne croyez pas que je reste figée dans mon clocher. Samedi dernier, j’ai survolé l’autre église du village, en début de soirée. Je partais à la recherche de Bubo-Bubo, le grand-duc pas aimable de l’épisode précédent. Je voulais tenter la réconciliation mais il resta introuvable, terré chez lui à bouder peut-être ? Par contre, c’est un groupe de jeunes musiciens que j’entendis. Je m’introduisis donc dans le clocher puis me cachai derrière le buffet d’orgues. Plusieurs courtes pannes d’électricité ont alors dépêché quelques humains… tout près de moi. Mais « chut ! » Place à la musique ! Je chasserai un peu plus tard, mais pas dans le Sonru, au niveau très bas, où ne survivent que quelques poissons peu engageants !

En attendant un peu de pluie, mais pas trop (il faut ménager les superbes massifs et potées fleuries du village), je vous souhaite un bon été et d’excellentes vacances à ceux qui en prendront.

Personnellement, je poursuivrai la lecture des notes et documents hérités d’Etiennette, mon illustre ancêtre, afin d’en rédiger le compte-rendu d’un quart de siècle de ….  « gardiennage ».

Pas de panique : je ne piquerai pas les beaux crayons plantés devant l’école !

                                                                                      Biz      

    

Georgette 

 

Ps : Vous remarquerez les efforts, par moi prodigués, pour ne pas parler des « choses qui fâchent » !

Attendons l’automne, la rentrée des classes,  les vendanges, la chute des feuilles, ….. et toutes les occasions qui se présenteront de papoter entre nous !

 

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