« Dans la forêt lointaine, on entend le hibou !

 

 Du haut de son grand chêne, il chante pour Bernadette ! » 

Vous vous souvenez, ma super cousine ! Et, par une nuit de pleine lune, l’écho de leurs chants parvient à Servion. Pourvu qu’elle n’ait pas d’écho-taxe à payer ! C’est très à la mode chez les humains que vous êtes, depuis quelques temps. Bon, nous ne portons pas de bonnet rouge, ne chuintons pas trop fort ces dernières nuits, ne polluons pas trop le sol de mon logis, ne faisons pas siffler l’alarme en planant de long en large dans la nef, …bref, nous nous comportons en bonnes chouettes citoyennes et respectueuses des lieux. Et vous, les humains ? Qu’avez-vous encore imaginé ? un parcmètre sur la place de Servion, au pied des nouvelles places de parking ? Et pourquoi pas un banc, pour vous reposer quelques minutes en revenant de la boulangerie  (lieu où est fabriquée la pâte à pain avant d’être cuite dans un four, presque en face de l’église) ?

 

Vous préférez attendre le passage de la camionnette ? Attention ! la dernière invention de vos collègues humains « élus-de-chez-élus »   est, paraît-il, l’éco-taxe sur les camions. Donc, ne vous laissez pas faire ! Achetez de la laine, rouge de préférence, et à vos aiguilles ! Puis, réunissez-vous, un samedi soir par exemple et arborez fièrement votre réalisation devant la mairie. Pas besoin de pompon pour une taxe sur camionnette. Avec beaucoup de chance, vous passerez à la télé. J’ai enfin compris pourquoi le père Noël s’habillait et se coiffait  de rouge : il ne veut pas payer de taxe sur les cheminées !   

 

En haut de la rue de l’enclos, les travaux se poursuivent. Certes, l’entrée du village s’embellit de trottoirs, de dalles de pierre taillée posées sur les murets. Et, qui sait, peut-être bientôt d’un portique pour enregistrer le passage des tracteurs, camions et cars scolaires (si vous ne vous mettez pas au tricot !).

Les enfants, par contre, ont maintenant un beau trottoir pour se rendre à l’école en toute sécurité, si, bien sûr, aucun véhicule ne s’y attarde, obligeant vos petits à descendre sur la route ou à grimper dans la terre.

Quant aux « espaces verts » encore en « devenir », résisteront-ils aux promeneurs intempestifs, aux lancers de poubelles, aux slaloms des vélos et mobylettes, ….. ? Rêvons un peu, encore ! et imaginons ces mêmes espaces verts, transformés en potagers collectifs accueillant persil frisé, radis rouges et noirs, rondes laitues, petits pois sucrés et betteraves rouges. Tout cela entretenu, récolté et partagé par tous, dans la convivialité, la bonne humeur et l’esprit d’entraide. Seuls les propriétaires de chats dévergondés et de chiens en divagation seraient « taxés » : 3 heures de désherbage supplémentaire par « production » de l’animal divagant par exemple. Je plaisante, bien sûr !

Ainsi, votre Fred municipal aurait moins de travail en extérieur et apprécierait votre initiative. Cela lui laisserait du temps pour s’éclater dans d’autres réalisations communales. Que d’économies pour le village ! Vous pourriez même jeter vos bonnets aux orties, démonter (vous-aussi) portique et parcmètre, remplaçant les taxes  potentielles par un peu de solidarité.

Toujours est-il qu’enfin, le quartier de Servion, ou, plutôt, la rue de l’Enclos, prend des allures de 21ème siècle ! Souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps, les humains élus par vos soins se

 chamaillaient sur l’opportunité de traiter leurs déjections avant de les imposer aux poissons. Perchée sur le toit de la mairie, voici des éléments de ce que j’ai pu entendre : « ça s’est toujours fait, la rivière n’est pas si sale, une station, ça ne sert à rien, c’est trop cher, c’est toujours en panne, oui mais, c’est bientôt obligatoire, mais non, ça ne sera pas imposé, …. »   Ils ont voté « pour », puis, quelques mois après « contre » !

Des opposants élus de cette rue se reconnaîtront certainement. Et, alors que tout projet de station d’épuration était repoussé à…plus tard, voilà qu’arrive un engin qui creuse et installe une micro-station sous la place du quartier, rien que pour la rue de l’Enclos, alors que personne n’en avait entendu parler (même pas moi, votre curieuse et attentive chouette attentionnée !) A ce jour, encore faut-il en faire le branchement, que ça « mouline », que « ça dilue », bref, que les poissons voient trouble mais digèrent plus facilement !

 Quant aux villageois concernés par cette installation, opposants ou pas, anciens ou futurs résidents, ils n’auront  pas ou peu de travaux en perspective ! pas ou plus de champ d’épandage à prévoir, d’installation perso onéreuse et à faire contrôler régulièrement, … Tout à l’égout ! Que des économies, de la tranquillité, pas d’entretien !

 Cette réalisation communale ne mériterait-elle pas une contribution citoyenne de chacun à l’entretien des espaces verts, au respect encore plus poussé des équipements et de l’espace public ?

 Coups de bec affectueux

                                                                                            Georgette

 

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