On ne sort plus de l’enclos !

 

En mars 2011, déjà, quelques travaux avaient sauvé du massacre le lavoir de la place de Servion, devenu dépotoir et pataugeoire grâce à l’action combinée de gosses en mal d’occupation mais pas de destruction, et de parents et administrés qui, évidemment, n’avaient rien vu, rien entendu. Cet été, ce même lavoir présente à nouveau des signes de faiblesse au niveau des briques si facilement ….démontables ! La mauvaise météo de ces derniers mois en serait-elle à l’origine ? Venez donc voir et forgez-vous votre propre jugement.

Cet été 2013, donc, arriva enfin, après avoir torpillé un soi-disant printemps, froid et humide.

 

Par contre, soleil et chaleur, c’est ce qu’auront enduré un groupe d’étranges humains venus d’ailleurs qui, de 8h à 12h et de 13 à 17h, du lundi au vendredi, creusaient, chargeaient, déblayaient, …..rue de l’enclos. Quel remue-ménage ! Ils commencèrent par la place, y creusèrent un trou énorme. Pour une prochaine piscine peut-être ? D’autant  qu’un gros tas de sable caillouteux fut déposé non loin du trou… Servion-Plage en préparation ? ou l’installation d’un coffre-fort collectif ? d’une champignonnière « clé-en main » ?, d’une cave à chicons pour vos salades d’endive l’hiver prochain ? d’un abri anti-nucléaire ? de l’accès perso des gens du quartier au futur métro de Thiérache ? de fouilles destinées à reconstituer ce que fut peut-être le souterrain reliant l’église de Servion au Château de Remilly ? d’une cuve de vinification pour le futur précieux nectar des Vignerons de Servion ?

 

Le chaos dans l’enclos ?

 

Puis, comme le ferait une armée de taupes, mais au grand jour, les humains lacérèrent  la rue de profonds fossés, à droite puis à gauche (n’y voyez donc là aucune intention pré-électoraliste), rebouchèrent, recreusèrent, ….Des tuyaux y furent déposés, raccordés peu à peu à d’autres tuyaux préexistants ou à des boites enterrées avec couvercle amovible. Chaque nuit, je ne pus que m’ «  enivrer » d’odeurs bien particulières flottant dans l’atmosphère. De curieux liquides stagnaient parfois à l’air libre, le temps d’être « repris en main » et redirigés vers la grosse boite, vous savez la piscine-cuve-abri-champignonnière-métro ! Et que de bruits pendant mes heures de sommeil ! Du haut de mon clocher, j’avais des difficultés pour endormir mes petits qui, devenus ados en quelques semaines, rêvaient déjà d’escapades à toute heure, même diurne !

Mais alors, quoi donc ?

 

J’avoue m’être moi aussi beaucoup interpelée sur ces activités humaines et, plusieurs têtes valant toujours mieux qu’une et préférant les échanges chuintés aux propos échangés sous l’aile, à tort et à travers, je me rendis récemment chez mes cousines, rue de l’enclos. Nous avons survolé les travaux en cours, observé, réfléchi mais peu écouté car, la nuit, peu de monde se promène dans ce chaos et, de jour, le bruit des moteurs masque les commentaires des riverains. Ces mêmes riverains pas toujours assez prompts à sortir leur véhicule mais souvent à leur fenêtre ou sur le pas de la porte à analyser la situation, voire à prendre des photos, de jour comme de nuit, au risque de faire croire à l’orage par flash interposé !

 

Nos cervelles d’animaux à plumes non dénués d’intelligence ni d’intérêt pour le quartier qu’ils habitent, ont donc déduit plusieurs éventualités :  

Les humains, râlant de plus en plus à propos du prix des carburants, construisent peut-être un pipe-line avant de creuser un puits de pétrole en haut de la rue, sur la gauche, juste avant la dernière maison, dominant ainsi vallée de l’Audry et Belgique .Ils en profiteraient pour installer au sommet une antenne télé collective, une caméra à tête chercheuse pour enregistrer les déplacements étranges, les excès de vitesse, les stationnements illicites, la reproduction des chats du quartier,….et nous, les chouettes, nous aurions là un super perchoir à notre disposition !

A moins que, convaincus que du gaz de schiste stagne au fond des tranchées, ils tentent de le récupérer dans leurs tuyaux afin de le brûler dans leurs cuisines à moindre coût ?

Ou alors, les vaches du Montfosse se montrant particulièrement productives, une alimentation en lait de chaque foyer de la rue serait en cours de réalisation ? ça va faire des jaloux !

 

L'enclos ou l'aventure près de chez vous

 

Pour l’instant, ce sont surtout les riverains qui, les yeux grands ouverts, la bouche aussi d’ailleurs, ont tenté de comprendre en découvrant la grosse boite du bas de la place. Certes, les nuisances variées mais momentanées sont inévitables mais le manque d’informations transmises aux villageois concernés a créé des situations parfois épiques :

Tel ce monsieur qui, après un aller-retour avec son véhicule et sa remorque, voulut refaire aussitôt un nouveau voyage mais dut   ….stopper net ! Un énorme trou venait d’être creusé à la pelle mécanique, au ras de sa sortie de jardin ! 

 

Tel ce quad qui, comme chaque soir, se réjouissait de rentrer au bercail dans le garage de son propriétaire …..mais qui ne savait pas encore voler au-dessus de la tranchée toute fraîche ! Prévenu, il aurait pu se faire inviter un peu plus loin.

Telle cette voiture qui, si elle voulait sortir de son garage après trois semaines de repos au frais, devait apprendre à sauter et poser ses quatre roues sur la même plaque d’égout avant de bondir sur la suivante pour rejoindre la « route » ! A moins que des voisins, sportifs et dévoués, ne la transportent sur le macadam, au grand soulagement de sa propriétaire.

 Rien de grave me direz-vous ! OK, tant qu’il n’y a pas d’urgence ou risque de chute à circuler en équilibre sur un madrier pour sortir de chez soi.

 

 

«  Zen ! Soyons  Zen ! »

 

«  Zen ! Soyons  Zen ! » et patients ! Mais, franchement, quelques infos tapées sur un ordi, imprimées puis photocopiées et distribuées aux riverains dès le début des travaux, auraient sacrément rendu service à tous (je crois que vous appelez cela « communication »,  celle qui informe et permet à chacun de s’organiser et à tous de vivre en harmonie ? ).

 

        A suivre …….     Affectueux coups de bec !              Georgette de  Servion

 

Ps : Une  reporter du   magazine Servionmatch (vendu nulle part mais dont les photos sont visibles sur le site www.servion.fr), arpente fréquemment, de jour comme de nuit, la rue de l’enclos. Réservez lui le meilleur accueil, aidez-la en prenant vous aussi des photos  quand elle n’est pas là ! Et transmettez-lez à contact@servion.fr

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