Mars 2011

Du rêve à la réalité !

  Comblée ! Je suis comblée !  Mes vœux sont exhaussés : Le lavoir de Servion est en « eau »

 et moi en « haut », sur le toit de l’assemblage de tôles en forme de hangar,

 tout proche de ma station balnéaire !

  De là, j’imagine quelques poissons rouges  se poursuivant dans le bassin (entraînement anti-chats ?)

 et crachant des bull   bulles   de temps à autre (pour faire croire à la mousse de savon persistante ?). 

 Espérons seulement que les  barrières métalliques  encore en place, dissuaderont

 les enfants du quartier et d’ailleurs d’aller patauger tout autour,  et … d'y plonger

 aux heures chaudes ! 

 Chez nous  les volatiles, c’est aux parents d’éduquer les petits. 


        Mais chez vous, les humains,  j’en doute souvent !

 D’ailleurs, à quel âge est-on sensé être éduqué dans vos tribus ?

 J’ai beau observer, écouter, je ne suis pas encore parvenue à me faire une idée,
tant  cela varie  d’un adulte à l’autre ! D’une maison à l'autre !

 Donc, Servion-les-Bains est en marche ! Fred, avide de lessive en plein air, a  aussi exhumé

 l’ancien lavoir de Sonru, hameau proche de Servion et aujourd’hui disparu.

Petit coin de verdure et de fraîcheur en devenir, voilà donc un nouveau lieu de promenade

 pour les « curistes » !

Mais attention : grenouilles, piafs et truites  toutes proches n’aiment ni être dérangés,

 ni être prélevés (même si, pour certaines, farinées légèrement et passées à la poêle,

 elles  sont sensées régaler les papilles de leur propriétaire tout proche et ….pas les vôtres !).

Le Club des 3 lavoirs

Quel curieux village que le nôtre ! une école, deux églises, trois lavoirs, quatre saisons et …

pas un seul endroit couvert, fermé, « chauffable », propre,  pas trop grand et accessible !

Nous, les nocturnes, n’avons que l’embarras du choix pour rompre la solitude et

 « refaire le monde » : de nombreuses granges et maisons inhabitées, la Tour Beaubourg-à-Lait

ou à-Laid   (à vous de choisir), des hauts arbres de la rue des Marronniers à ceux  de la ruelle

 des Prêtres ( un jour dégagée, qui sait ?) et la forêt toute proche

pour nos  « réunions au sommet », en été comme en hiver, un peu comme vous,

 vos conseils municipaux. Mais nous, nous y sommes très assidus et toujours à l’heure,

laissant la garde des petits au papa, aux grands-parents, aux voisins, laissant la télé

aux bons soins du conjoint, la vaisselle à la machine du même nom, … 

Sinon, pourquoi  s’engager à faire partie du « sommet » en question ?

Par contre, vous, « mes chers compatriotes » comme dirait l’Autre :  rien !

« Une salle, ça ne servirait à rien, personne n’y viendrait, et pour quoi y faire ? , ….» ai-je

déjà entendu dire. Certes, pour jouer au ballon, faire des abdos,  s’attraper par la tunique

pour se faire tomber sur un  tapis  ou organiser des soirées collectives (et si possible  lucratives)

à apprendre à lire des nombres sur des rondelles pour espérer gagner et compléter sa collection

de « fours-micro-ondes-télés-bons-d’achat-paniers-garnis-lecteurs-DVD-appareils-

photo-numérique-…. », il faut « voir grand !

 Mais pour se rencontrer pendant quelques heures, en  après-midi ,  pour échanger

des recettes de cuisine, des trucs de bricolage, de jardinage, s’affronter au scrabble,

s’initier aux « nouvelles technologies ( enfin …. déjà apprendre à allumer l’ordi, à lire

ses messages, à taper une lettre, à se promener sur internet, …),  partager ses connaissances

en tricot et couture ou histoire locale, assister à des projections de diaporamas

 autour d’une galette et d’une thermo d’eau chaude (thé ou café, c’est selon ! ), …. :  Rien !

 pas de lieu !

 Je délire, me direz-vous ? Pas si sûr : J’ai appris récemment, de ma cousine Sormonnette,

que des anciens de notre village, pour se sentir moins seuls et varier les activités, se rendaient

dans d’autres villages environnants  afin d’y  rencontrer des humains et de rompre

 la monotonie. Pourquoi pas ! Mais pourquoi pas aussi à Rouvroy ?

En mai, je fais ce qu’il me plait !

Imaginez un peu : la fête à  Servion début mai, le festival de la photographie du 13 au 31, avec chorale,

projections et  expositions, le week-end « country », plus éloigné de ma demeure , certes, mais dont je  

crains la pénurie de plumes pour leur équipement. Or j’ai horreur du bruit, de la musique, des voitures qui,

la nuit, effraient mes proies et, le jour, m’empêchent de dormir ! donc, c’est décidé : je partirai en exil

dans la forêt de la Boulette.  Je reviendrai  à l’Ascension, quand  Alix accrochera ses toiles  sur mes murs.

Car je suis amatrice d’art pictural, moi, et très douée ! Mais plutôt dans la peinture «  à plat »,

sur les feuilles de journaux, dans la gamme des gris … Ne riez pas ! les petits cachous noirs ne sont pas

 de moi mais des chauves-souris locales. Quant aux ailes de papillons, ce sont les vestiges de leurs

 repas.  C’est plus joli que mes pelotes de réjection mais la nature est ainsi faite :

  " nous n’avons pas les mêmes valeurs ! "

                                                A bientôt                                                          Etiennette

 

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