Janvier 2010

 

Etiennette, la chouette du clocher de Servion

 

Vous vous souvenez-vous de moi ?

Je vous souhaite une bonne et heureuse année dans notre village, entouré de prés et collines boisées. Portez-vous bien, prenez le temps de vous promener à travers rues et ruelles, d’observer, d’imaginer, de rêver peut-être ?

Je vous invite à partir à la redécouverte de notre village. Vous, de jour, sur vos deux pieds. Moi, à tire d’aile et de nuit puisque animal nocturne je suis ! 

 

 

Descendons la ruelle Saint- Etienne (pas en vélo car trop dangereux !), puis, à gauche et à droite, vers la première curiosité du quartier : l’abreuvoir « désabreuvé »!  Je vous en avais parlé, en juillet dernier ! Patience ! Une simple dalle à cimenter demande temps et réflexion ! Mais j’avoue être impatiente de retrouver mon miroir préféré et d’admirer mon plumage printanier dans l’eau fraîche revenue !

 

Arpentons maintenant la rue de l’Enclos. Pas de problème pour moi : l’envergure de mes ailes me permet de slalomer entre d’éventuels véhicules. Pour vous, piétons, c’est une autre histoire ! Faites attention ! Cailloux, trous, éclaboussures diverses ne vous épargneront pas ! Tout au bout, un vieux tilleul et des produits bio vous attendent. Le premier est là depuis la Révolution peut-être ? Les yaourts ? depuis quelques années déjà !

 

Revenons en décembre 2009 et redescendons vers le « Grand Jardin » : Pas de doute ! Noël approche ! Alors que la nuit tombe tôt, que les humains se terrent dans leur maison, les rues prennent des couleurs et des lumières pour attirer le Père Noël. Visitons ensemble en se repérant avec des numéros, si la neige d’avant Noël veut bien fondre. Les gentils humains locaux sont ingénieux : pour m’éviter un torticolis en levant et tournant la tête en plein vol, ils peignent des numéros de repérage directement sur le macadam.  

 

Et, pour plus de lisibilité, ils recommencent chaque année, vers la mi-juillet, avant ce qu’ils appellent le « vide-greniers ». Je les connais, moi, les greniers ! Et s’ils se vidaient à cette occasion, je l’aurais remarqué ! 

Donc, arrêtons-nous près du numéro 60 pour saluer la « Confrérie des Oursons Suspendus » et admirer le cadre féerique dans lequel ils évoluent, à la nuit tombée. Certes, d’autres lumières s’allument dans les rues pour que le Père Noël ne s’égare pas, quand il déambule, la nuit du 24 au 25 décembre. Cette année encore, je l’ai guetté toute la nuit, perchée sur le toit en face du 48, dissimulée par une haute cheminée. J’ai attendu, attendu, …quand la bise fut venue. Personne ! Quelques voitures de fêtards, sans plus ! L’estomac vide, j’ai regagné mes pénates, à tire d’aile, dans l’attente de jours meilleurs, le 26 décembre, par exemple !  Pressés de se débarrasser des vestiges de leurs agapes (cartons, bouteilles, sacs en plastique pleins de déchets, …), quelques villageois osent déposer leurs poubelles autour des containers à verre. Je les ai vus faire, le soir !  Pas vus, pas pris ! Vite fait ! Mal fait !

 

Pas très décoratifs, ces dépôts ! Mais…parfois très gustatifs pour rats et souris par l’odeur alléchés ! Il me reste alors à effectuer quelques « piqués » bien ciblés, au bon moment, en évitant la concurrence des matous du quartier !

 

Poursuivons notre périple vers la route départementale et dirigeons-nous vers la rue des Marronniers et passons sous le pont. La vieille locomotive guette votre arrivée. A la belle saison, elle reprendra du service ….décoratif et redeviendra « porte-jardinières » pour embellir le carrefour vers l’ancienne gare. Prenons ensuite le chemin du Breuil, entre pâtures et maisons. Mais choisissez bien votre jour car, s’il a plu récemment, il vous faut chausser des bottes hautes et étanches pour rejoindre la départementale. Sinon, la promenade est jolie et j’avoue m’y rendre de temps à autre, entre le passage de deux trains : les rongeurs, effrayés par les vibrations, s’affolent et quittent la voie à toute vitesse, sans se soucier d’être vus,  au grand plaisir de mon estomac. Mais, là aussi, la concurrence est rude : renards et chats m’afficheraient bien à leur menu !

 

Poursuivons notre balade : pour vous, avec un arrêt au Vival, le temps de quelques courses. Pour moi ? Un peu de repos sur le toit du magasin, très tranquille, la nuit. Et hop ! Plein sud maintenant ! Vous n’avez pas de boussole ? Moi non plus ! Mais les étoiles, ça me connaît ! Je me repère très bien ….quand le ciel est clair, c’est à dire, rarement dans notre département ! Mais, vous m’imaginez avec une boussole en pendentif ? Donc, rendez-vous devant l’église, celle qui sonne encore de temps en temps.  

Puis, un petit arrêt à la mairie pour saluer le personnage qui surveille la traversée du village depuis des dizaines d’années. Fred l’a « rhabillé » de frais en 2009 et, par respect pour ceux que ce soldat représente, je ne me permets jamais d’y poser mes serres quand je suis à l’affût.

Longeons maintenant le restaurant tout neuf, la salle des fêtes toute vieille.

Virage ! A gauche toute ! Et là, vous choisissez : le chemin qui grimpe vers la cabane des chasseurs, dans la forêt ? Ou  encore, à gauche, pour tranquillement aller rechercher votre marmaille à l’école. Attention ! La campagne, c’est super quand on sait s’y adapter ! Alors, les jours de pluie, enfilez vos bottes pour poursuivre par le chemin des Sarres.

 

 

         Episode précédent                                                 Episode suivant