Bernadette, elle est très chouette !

 

 

Salut la Compagnie ! Me revoici, me revoilà !

Georgette, votre chouette préférée,

De vacances sous d’autres cieux

Vient de rentrer !

Certes, je pourrais vous narrer dans ces lignes, le déroulement de mon séjour…

 Mais il s’agit là de ma vie privée et ni « Voici », ni « Ici Paris », ni « Galla » n’ont pu suivre mes différents envols, m’interviewer, me photographier en douce pour leur première page ! 

Et la reporter de « Servionmatch » ne se cachait pas dans mes bagages, retenue dans le quartier de Servion en « ébullition » ou, plutôt, en « reconstruction ». Allez donc voir les photos des travaux sur le site www.servion.fr

Donc, vous ne saurez rien de mes périgrinations !

Et pourtant ! Figurez-vous que j’ai rencontré Bernadette, une cousine éloignée du côté de la mer et de ma mère. Accusant déjà plusieurs printemps sur son plumage, elle n’arrêta pas de me questionner, de me harceler sur le village où je réside habituellement. Et, pour mieux me convaincre de l’y accueillir à ailes grandes ouvertes, c’est en chanson qu’elle s’exprima, à la nuit tombée, perchée sur un mât de bateau, dans un petit port du Languedoc, le tout en ma compagnie, dérangeant goélands et mouettes plus rieuses du tout !

Je ne résiste pas au plaisir, non de vous martyriser les oreilles, mais de vous transmettre le contenu de sa rengaine :

« Je suis une chouette de province,

Ni trop grande, ni trop grosse, ni trop mince.

J’arrive avec ma valise

Car Rouvroy, c’est pour moi, la terre promise.

Comme toutes les chouettes de province,

 Moi, je viens pour me trouver un prince,

 Un prince chuintant

Qui me fera beaucoup d’enfants.

Dans mon quartier, ça ne pouvait plus durer.

Je devenais une chouette trop « étriquée »

Depuis toujours, je rêvais de Rouvroy,

Ses prés, ses bois, ses grands boulevards et ses clochers.

Alors j’ai quitté ma famille

Pour ne pas rester vieille fille, et me voilà !

 Je sais que j’ai les serres à plat

Mais, vous verrez, ça s’arrangera ! »

 

Me voici donc en « coloc », comme les étudiants !

Bernadette, fatiguée du voyage, du climat un tantinet différent, attend tranquillement son prince chuintant, dans un recoin de ma demeure. Mais c’est vers 1h du matin que ça se complique car elle doit se nourrir, donc se bouger et chasser sur un territoire qui lui est inconnu. Elle tient absolument à partager tous mes plans de chasse pour moins se fatiguer et ne pas se perdre ! Et, pour que je la situe facilement, elle reprend, en boucle et à gorge déployée, le refrain : « Je suis une chouette de province ….. »

Votre Georgette étant une brave fille, je propose à ma chère cousine de l’applaudir de mes deux ailes dès mon retour au clocher mais à condition qu’elle joue le rôle du guetteur immobile sur le piquet indiqué, en attendant mon retour avec sa pitance par moi attrapée.

 Puis, je m’éclipse rapidement à l’autre bout du village, la laissant ameuter le quartier.

Quel dilemme ! ou je chasse quotidiennement pour deux, pour la nourrir et la faire taire par la même occasion, ou je lui trouve au plus vite un prince chuintant ! Ce n’est pas gagné, à cette saison ! Il y a bien le cousin Albert, du côté de mon père, ou encore Gaspard, du côté de Liart…

Que me conseillez-vous ? De les contacter ou de chanter …..

« Bernadette, elle est très chouette,

Et sa cousine, elle est divine.

Mais son cousin, il est malsain,

Je dirais même que c’est un bon à rien ! »

 

                                                                                                                                             A bientôt

                                                                                                                                                                     Georgette

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