Dans la forêt lointaine,

         On entend le hibou.

         Du haut de son grand chêne,

         Il répond aux ……fantômes 

        De l’église de Servion !

 

Quelle émotion !

 Alors que j’achevais mon après-midi de sommeil, par un samedi de mai, je fus réveillée par l’arrivée et l’installation de plus de soixante-dix humains. Les jours précédents déjà, ils avaient bousculé mon planning habituel par leur présence, leurs bavardages, l’installation de « volets », l’accrochage de photos (dont de très belles et des très …moches, à regarder avec une loupe !). Ma demeure avait subi un « lifting », notamment l’escalier nettoyé des salissures hivernales. Il faut reconnaître que le travail de nettoyage effectué préalablement, dans la plus grande discrétion, par de rares « Compagnonnes », fut très efficace !

Etiennette m’avait parlé de cette période pré-festival et je n’étais donc pas surprise par ce remue-ménage ……..quand, lors d’une « répétition », je vis soudain des fantômes en costume de hibou apparaître sur les murs, de chaque côté de l’autel ! Roses puis bleus, violets, verts, ils disparaissaient pour mieux réapparaître, sur fond musical !

 

 

Je crus, l’espace d’un instant, à l’effet secondaire d’une consommation excessive de souriceaux peut-être accros au « tue-limaces » ?

Non ! J’allais bien ! Mes petits, à peine sortis de leur coquille, avaient bien l’apparence de « bébé effraie », tout de blanc vêtus, en nombre constant !

J’écoutai attentivement : une grosse voix humaine commentait un orage de lumières colorées, d’images étranges qui dansaient au son d’une puissante musique….puis…..plus rien !

Plus rien….jusqu’à ce samedi….vers 17heures….. !

 Tapie à l’étage, mes petits dissimulés sous mes ailes, j’observai, j’écoutai, …et enfin, je compris :

L’histoire de ma demeure au fil des siècles, m’était racontée en musique et en couleurs ! Etiennette revivait, l’espace d’un moment ! Superbe !

 

 

 

 D’ailleurs, j’y eus droit une seconde fois, vers 21heures, et retardai donc quelque peu mon programme de chasse nocturne.

 

Par contre, si les humains qui ont tant applaudi avaient tendu l’oreille vers les poutres, ils auraient entendu un chuintement saccadé particulier, plus aigu qu’à l’ordinaire : le mien quand je ris à gorge déployée !  Et pour cause : les humains et leur technologie avancée confondent encore une chouette et un hibou !

 

 

 

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